"Si nous voulions regrouper ces différents éléments dans un souci de clarté, nous pourrions supposer que ces facteurs peuvent être liés à trois domaines fondamentaux : la politique, l’économie et la religion. Il est fréquent que ce dernier ne soit pas considéré de manière systématique, ce qui n’est pas le cas du présent rapport où il est l’objet principal de l’étude."

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Préface
Du cardinal Dieudonné Nzapalainga
Archevêque de Bangui, République centrafricaine.

Le présent rapport, qui examine la liberté religieuse, cherche à évaluer les preuves relatives à la pratique et à l’expression de la foi pays par pays, et à donner une vue des perspectives de ce que sera son évolution.

Il convient d’éviter deux écueils, consistant tous deux à refléter avec inexactitude les facteurs religieux dans l’analyse du conflit, soit en exagérant leur importance, soit en omettant de les reconnaître suffisamment. En réalité, la religion n’est qu’un des nombreux facteurs en jeu, dont beaucoup sont liés entre eux de façon inextricable.

Sans qu’ils soient dans un ordre particulier, une liste des facteurs impliqués inclurait : le poids de l’histoire, l’impact de la géographie ou du climat, les circonstances politiques – tant historiques que contemporaines, les caractéristiques démographiques, la situation socio-économique, la culture, le niveau d’éducation et enfin la religion.

Si nous voulions regrouper ces différents éléments dans un souci de clarté, nous pourrions supposer que ces facteurs peuvent être liés à trois domaines fondamentaux : la politique, l’économie et la religion. Il est fréquent que ce dernier ne soit pas considéré de manière systématique, ce qui n’est pas le cas du présent rapport où il est l’objet principal de l’étude.

Deux crises récentes aident à illustrer la complexité de telles situations, à savoir la guerre en Syrie et l’exode des Rohingyas. Généralement décrite comme une guerre civile, la crise syrienne comporte une dimension géopolitique internationale (conflit saoudien-iranien, puis confrontation russo-américaine), une composante économique (gaz du Qatar et pétrole syrien) et un élément religieux (combats entre sunnites et chiites dans le contexte de l’expulsion des minorités religieuses).

Le conflit des Rohingyas est habituellement présenté de façon simpliste, avec les pauvres et innocentes victimes musulmanes persécutées par des bouddhistes birmans maléfiques, mais lorsqu’on examine la nature de ce conflit, il est clair qu’il n’est pas purement religieux.

Encore une fois, il existe des facteurs politiques : le désir de sécession d’une ethnie habitant une partie du territoire birman dans un contexte de changements démographiques (les Rohingyas sont considérés par beaucoup de birmans et par le gouvernement comme étant principalement d’origine bengalie) et de causes économiques (la découverte d’un grand gisement d’hydrocarbures au large de cette région, et la volonté de défier des investissements chinois considérables).

Ces deux illustrations montrent qu’il y a un facteur religieux, mais qu’il ne peut expliquer adéquatement la cause profonde d’aucune des deux crises. En tenant compte de cette complexité, on souligne l’importance de la promotion de la liberté religieuse. Cela peut aider à réduire l’instrumentalisation possible de la religion, et ainsi à éliminer l’un des facteurs contribuant à la crise.

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Aide à l'Eglise en Détresse (AED) est un organisme de charité catholique rattaché directement au Saint Siège. Fondé en 1947, il soutient plus de 6 000 projets pastoraux dans plus de 140 pays chaque année. A travers ses trois pillliers que sont l'information, la prière et le partage, l'AED aide les chrétiens partout où ils sont persécutés, oppressés ou dans le besoin.